- 0
- 418 words
Rabat – klachpress
L’Union des Journalistes Marocains (UJM) est sortie de son silence concernant l’affaire judiciaire impliquant le journaliste Abdelmajid Al-Karh, dénonçant ce qu’elle considère comme une campagne de pression et de mobilisation sans précédent autour d’un dossier qu’elle qualifie de simple litige relevant de la justice.
Dans un communiqué publié à Rabat, l’organisation professionnelle estime que la plainte déposée par Al-Karh pour diffamation, injures et atteinte à sa réputation professionnelle a fait l’objet d’une exploitation politique et idéologique dépassant largement le cadre juridique de l’affaire.
Selon l’UJM, les poursuites engagées trouvent leur origine dans des déclarations faites par le journaliste lors d’une émission télévisée consacrée aux opérations de démolition menées dans le quartier de l’Océan à Rabat. Le syndicat rappelle que les divergences d’opinion sur ce type de dossier demeurent légitimes dans une société démocratique et ne devraient pas conduire à des campagnes de dénigrement ou à des accusations de collusion avec les autorités.
Le communiqué critique également l’attitude de certaines organisations qui, selon lui, se sont empressées de présenter cette procédure judiciaire comme une atteinte à la liberté d’expression. Pour l’Union, une telle lecture occulte le droit de tout citoyen, y compris les journalistes, à recourir à la justice lorsqu’il estime avoir subi un préjudice moral ou professionnel.
L’organisation considère que plusieurs prises de position ont contribué à amplifier artificiellement l’affaire, à travers des communiqués et déclarations cherchant à lui donner une dimension politique qui ne correspondrait pas à sa nature réelle. Elle dénonce par ailleurs ce qu’elle qualifie de « deux poids, deux mesures », reprochant à certains acteurs de ne manifester leur solidarité que lorsque les personnes concernées appartiennent à leurs cercles ou sensibilités idéologiques.
L’Union des Journalistes Marocains appelle ainsi au respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire et insiste sur la nécessité de laisser les tribunaux se prononcer sereinement sur le fond du dossier. Elle souligne également que la défense des libertés fondamentales doit s’exercer dans le respect du pluralisme des opinions et sans discrimination entre les professionnels des médias.
À travers cette prise de position, l’UJM affirme son soutien à Abdelmajid Al-Karh et plaide pour un débat public apaisé, éloigné des logiques de polarisation et des surenchères politiques qui entourent actuellement cette affaire.
